UN AN APRÈS LE SÉISME EN BIRMANIE
Mars 2026
Editos/Regards de Fondemos
REGARDS DE FONDEMOS
Il y a un an jour pour jour, la Birmanie a été touchée par un violent séisme qui a fait au moins 3 600 morts et plus de 5 000 blessés.
Les infrastructures et les lignes de communication ont été lourdement impactées, et l’acheminement des ressources vitales gravement affecté, plongeant les zones sinistrées dans une crise humanitaire de grande ampleur.
La réponse humanitaire internationale s’est rapidement mise en place, et l’addendum post-séisme du Humanitarian Needs and Response Plan (HNRP) de l’ONU estimait 275 millions de dollars les financements nécessaires pour répondre aux besoins de plus d’un million de personnes.
Ce séisme a plongé plus profondément la Birmanie dans une crise humanitaire installée sur fond d’instabilité politique persistante depuis le coup d’État militaire du 1er février 2021 : dès le 1er avril, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) alertait sur le manque d’eau potable, d’abris et de médicaments.
Si les militaires ont rapidement sollicité l’aide internationale, de nombreux rapports et témoignages ont fait état d’entraves à l’acheminement de cette aide et d’un accès différencié selon les intérêts militaires. Dans ce contexte, l’aide humanitaire a largement été instrumentalisée par le régime, qui s’en est saisi pour se présenter comme un acteur légitime et incontournable. Les limites de la réponse internationale ont été mises en lumière.
Alors qu’une grande partie de la population est restée privée d’assistance, les dispositifs d’accès et de distribution contrôlés ou influencés par les autorités militaires ont contribué au renforcement du pouvoir de la junte. Celle-ci a ensuite cherché à convertir cette centralisé imposée en légitimité politique.
Un an plus tard, la junte poursuit sa quête de légitimité à travers la tenue d’élections au début de l’année 2026. L’attention internationale s’essouffle, alors que la population birmane continue, elle, de faire face aux conséquences du séisme, de la guerre et de la violence politique.
Le HNRP 2026 fait état de 16,2 millions de personnes dans le besoin et de 890 millions de dollars nécessaires pour y répondre. La baisse des besoins identifiés par l’OCHA reflète moins une amélioration de la situation humanitaire qu’un cadrage onusien contestable et des choix de priorisation qui sous-estiment l’ampleur réelle des besoins. À ce jour, le plan de réponse de l’OCHA demeure l’un des plus sous-financés tandis que la junte continue d’entretenir la peur.
Ne pas oublier la Birmanie, c’est aussi refuser que la junte transforme la catastrophe en instrument de pouvoir.





