« XI JINPING. RELEASE THEM. »
Le 23 septembre 2026, Xi Jinping arrive à Washington pour sa première visite d'État depuis 2015. Le soir même, la Human Rights Foundation projette sur la façade de la National Gallery of Art son nom en lettres blanches sur fond rouge, puis les portraits de huit prisonniers d'opinion. Parmi eux, Joshua Wong, figure du mouvement prodémocratie hongkongais, et Ilham Tohti, économiste ouïghour condamné à perpétuité douze ans plus tôt, jour pour jour.
L'opération exploite ainsi la visibilité de la visite présidentielle pour opposer à l'image diplomatique du régime celle de ses prisonniers politiques. Des camions affichant des messages réclamant leur libération circulent également dans Washington. Le 30 septembre, Donald Trump affirme avoir abordé la question des prisonniers politiques avec Xi Jinping, sans préciser les noms évoqués.
LA FAÇADE DE L'ADVERSAIRE
Un régime autoritaire contrôle l'espace public sur son territoire et soigne son image à l'étranger, notamment lors de ses visites officielles. Le dispositif technique consiste à diffuser, à l'aide d'un projecteur, des images ou du texte sur la façade d'un bâtiment public, sans intervention matérielle ni dégradation. L'opération utilise ce dispositif pour retourner contre le régime les symboles mêmes de son pouvoir.
Le pouvoir se trouve alors confronté à un choix : laisser le message visible ou intervenir au risque de donner davantage d'écho à la contestation. À l'intérieur du pays, la méthode peut aussi prendre une forme clandestine : à Chongqing, en août 2025, un militant a déclenché à distance une projection antigouvernementale après avoir quitté la Chine. Filmée et relayée en ligne, l'action peut continuer à circuler bien après son interruption.
UN AFFICHAGE COURT, UNE DIFFUSION LONGUE
La projection peut être interrompue rapidement par la police ou les services de sécurité, mais sa portée ne se mesure pas uniquement à sa durée. Elle dépend surtout de sa captation et de sa diffusion, notamment par les médias et les réseaux militants. La vidéo d'une projection solitaire peut ainsi toucher un public bien plus large que les passants présents sur place.
Lorsqu'elle est filmée, l'intervention des autorités peut elle-même alimenter la circulation du message.
La méthode permet de maintenir des revendications visibles au moment où un régime cherche à renforcer sa légitimité ou à soigner son image à l'étranger.
Bilan critique
Forces
- 01 Coût réputationnel : interrompre la projection attire davantage l'attention.
- 02 Faible mobilisation : une équipe réduite, voire un individu seul, suffit.
- 03 Nommer les victimes leur donne un visage et une identité.
Limites
- 01 Risques de représailles pour les auteurs et leurs proches.
- 02 Dépendance aux relais : sans eux, l'audience reste limitée.
- 03 Impact politique difficile à mesurer, notamment sur les libérations.
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