SHIRIN EBADI
Septembre 2025
Freedom fighters portraits
QUI EST SHIRIN EBADI
Une avocate lauréat du prix Nobel, sa défiance a déclenché un mouvement mondial des droits humains.
PREMIÈRE FEMME JUGE EN IRAN
À seulement 22 ans, en 1969, Shirin Ebadi est devenue juge à Téhéran, entrant dans la salle d’audience comme l’une des toutes premières femmes juges d’Iran.
À peine six ans plus tard, en 1975, elle fut nommée présidente du banc 24 (une division judiciaire du système judiciaire de Téhéran).
Elle a été la première femme à présider un tribunal en Iran.
DÉPOURVUE D’AUTORITÉ MAIS PAS DE VOIX
Avec l’avènement de la République islamique après la révolution de 1979, toutes les femmes juges ont été dépouillées de leur robe et reléguées au rang de greffières.
Refusant d’être réduite au silence, Ebadi a pris une retraite anticipée et s’est réinventée en tant qu’avocate spécialisée dans les droits humains.
DÉFENDRESSE DES SANS-DÉFENSE
Après avoir obtenu son diplôme d’avocate en 1992, elle s’est entièrement consacrée à la défense des prisonniers politiques, quel qu’en soit le prix :
« Non seulement je n’ai pas gagné d’argent, mais les 20 avocats qui ont travaillé avec nous n’en ont pas gagné non plus. Nous avons défendu gratuitement 6 000 affaires politiques. »
DE JURISTE À BÂTISSEUR DE MOUVEMENT
En 1995, elle a cofondé la Société iranienne pour la protection des enfants.
En 2001, elle a lancé le Centre des défenseurs des droits de l’homme avec 12 cofondateurs, attirant 300 avocats et militants dès la première année.
En 2006, elle a cofondé la Nobel Women’s Initiative avec cinq autres lauréates afin de soutenir les droits des femmes dans le monde entier.
RECONNAISSANCE ET REPRÉSAILLES
À 56 ans, Shirin Ebadi est devenue la première femme iranienne et musulmane à recevoir le prix Nobel de la paix pour son travail en faveur de la démocratie et des droits humains.
Dans les années qui ont suivi, son centre juridique a été fermé et sa médaille Nobel a été confisquée de son coffre-fort. Ne parvenant pas à la retrouver, les autorités ont arrêté sa sœur.
Son mari a été arrêté et contraint de faire des aveux télévisés mensongers.
ÉXILÉE ET VOIX MONDIALE
Contrainte à l’exil en 2009 après une répression accrue de la part de l’État, Ebadi s’est installée à Londres, où elle a poursuivi son combat.
Elle est devenue une porte-parole internationale influente de la société civile iranienne, donnant des conférences dans de grandes universités et s’exprimant dans des forums tels que l’ONU et le Parlement européen.
Depuis son exil, elle documente les tactiques du régime à son encontre et à l’encontre d’autres personnes, et a écrit Iran Awakening (2006) et Until We Are Free (2016).
« Toute personne qui défend les droits humains en Iran doit vivre dans la peur de sa naissance à sa mort, mais j’ai appris à surmonter ma peur. »
Shirin Ebadi



