Sakharov 2025 : L’europe contre la censure

Novembre 2025

SAKHAROV 2025 : L’EUROPE CONTRE LA CENSURE

Novembre 2025

Editos/Regard de Fondemos

REGARD DE FONDEMOS

En distinguant Andrzej Poczobut et Mzia Amaghlobeli, le Prix Sakharov 2025 envoie un message fort de solidarité internationale face à l’autoritarisme russe.

En Biélorussie, Andrzej Poczobut, correspondant pour le quotidien Gazeta Wyborcza (la Gazette Électorale), purge une peine de huit ans pour « atteinte à la sécurité nationale », après avoir couvert les manifestations pro-démocratie et dénoncé la répression du régime d’Alyaksandr Loukachenka. En Géorgie, Mzia Amaghlobeli, fondatrice de médias indépendants, a été condamnée à deux ans de prison suite à une arrestation en lien avec une manifestation, un cas qui interpelle sur l’état de la liberté d’expression dans un pays en dérive démocratique.

Ce prix vient renforcer le message adressé aux régimes autoritaires : on ne peut pas bâillonner la vérité sans qu’elle trouve d’autres voies pour être entendue. En Biélorussie, où plus de 400 prisonniers politiques sont encore détenus, dont plusieurs journalistes, la répression médiatique s’est intensifiée depuis les manifestations de 2020. Andrzej Poczobut, figure emblématique de la presse indépendante, incarne cette résistance à une information contrôlée par le pouvoir de Loukachenko, allié indéfectible du Kremlin.

En Géorgie, Mzia Amaghlobeli représente quant à elle une presse en tension constante, dans un pays où près de 75% des journalistes ont signalé en 2023 avoir subi des pressions politiques ou économiques au cours des deux dernières années, selon le Georgian Charter of Journalistic Ethics. Cette dérive autoritaire menace directement l’ancrage européen du pays.

 

« La liberté a un visage, et aujourd’hui, ce sont ceux d’Andrzej Poczobut et de Mzia Amaghlobeli. Cette décision du Parlement européen envoie un message puissant : aux dictateurs, que la vérité ne peut pas être emprisonnée ; et aux prisonniers politiques, qu’ils ne sont pas oubliés. » Sviatlana Tsikhanouskaya

 

Au-delà du geste de reconnaissance, le Prix Sakharov invite à une responsabilité collective : celle d’assurer que la liberté de la presse reste un pilier actif de la démocratie européenne. Face à la guerre informationnelle menée par la Russie, défendre un espace médiatique libre ne relève plus du symbole, mais d’une stratégie de résilience démocratique.

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