RÉPRESSION DE TIANANMEN, JUIN 1989
Décembre 2025
Anatomy of a protest
OUVERTURE ÉCONOMIQUE, VERROU POLITIQUE
Après la mort de Mao Zedong, le dirigeant réformateur Deng Xiaoping lance des réformes de marché et une ouverture limitée, nourrissant l’espoir de changements politiques parmi les étudiants
et les citadins.
L’éviction en 1987 de Hu Yaobang, ancien secrétaire général plus libéral, est perçue comme un signal de fermeture du régime : sa mort en avril 1989 cristallise les tensions et contribue au déclenchement de larges manifestations.
DEUIL PUBLIC ET COALITION
Les funérailles de Hu Yaobang rassemblent des dizaines de milliers de personnes à Pékin. Dans les semaines suivantes, étudiants, ouvriers, fonctionnaires et intellectuels s’unissent pour réclamer réformes politiques, transparence, lutte contre la corruption, la censure et les atteintes aux droits fondamentaux.
Des manifestations pacifiques se sont alors tenues dans toute la Chine, soutenues par des millions de personnes.
AUTO-ORGANISATION, ÉCRASEMENT MILITAIRE
La place Tiananmen devient un espace d’occupation permanente, où le mouvement se structure. Le 20 mai, la loi martiale est décrétée puis dans la nuit du 3 au 4 juin, l’Armée populaire de libération (APL) reprend la zone par la force, tirant sur les manifestants et procédant à des arrestations massives.
En 2017, une télégramme diplomatique britannique de 1989 évoque 10 000 civils tués cette nuit-là.
UNE MÉMOIRE TRAQUÉE
En Chine continentale, la commémoration du 4 juin est bannie. Les proches des victimes réclament en vain vérité, reconnaissance et réparations. À Hong Kong, les veillées annuelles de l’Alliance hongkongaise ont été interdites depuis 2020 au titre de la loi sur la sécurité nationale.
Trois anciens dirigeants de l’Alliance, Lee Cheuk-yan, Albert Ho et Chow Hang-tung, sont poursuivis pour « incitation à la subversion » et restent détenus dans l’attente de leur procès.
LES POINTS FORTS ET LES LIMITES
Points forts : Les protestations mobilisent des millions de participants, s’appuient sur une alliance étudiants-ouvriers et une forte auto-organisation sur la place Tiananmen.
Limites : L’absence de leadership unifié et l’hésitation stratégique face à un pouvoir prêt à tuer ses citoyens ont rendu le mouvement incapable de résister à la répression.




