LA DÉMOCRATIE EN PROCÈS AU MOZAMBIQUE
Octobre 2025
Editos/Regard de Fondemos
REGARD DE FONDEMOS
Venâncio Mondlane, le leader de l’opposition dont la campagne a attiré des foules record jamais vues depuis les années 1990, était sur le point de remettre en cause l’emprise du Frente de Libertação de Moçambique’s (FRELIMO), au pouvoir depuis des décennies. Des observateurs indépendants de l’UE ont documenté des « modifications injustifiées » dans le décompte des votes. Dans de nombreux districts, les résultats n’ont jamais été publiés.
Le régime ne s’est pas donné la peine de recourir à l’ancienne méthode du bourrage des urnes. Il a simplement détruit les feuilles de décompte et inventé des chiffres.
Et lorsque les alliés de Mondlane se sont préparés à présenter des preuves devant le Conseil Constitutionnel, deux d’entre eux, l’avocat Elvino Dias et le fonctionnaire Paulo Guambe, ont été assassinés. Selon l’Associated Press (AP), la répression post-électorale a fait plus de 300 morts et des milliers de blessés ou de prisonniers.
Aujourd’hui, le régime cherche à poursuivre Mondlane pour les troubles civils qui ont suivi les élections. Le procureur lui a présenté un document de 40 pages contenant une série d’accusations, notamment celle d’avoir incité aux troubles.
Pour les démocrates du monde entier, le Mozambique offre un rappel brutal : les mouvements de résistance doivent se préparer non seulement à remporter les élections, mais aussi à survivre aux représailles. La lutte ne s’achève pas le jour du scrutin. Elle recommence dès le lendemain matin.
« Ce qui me fait le plus mal, c’est de ne pas pouvoir être avec les gens dans la rue, de ne pas pouvoir participer à leur combat et à leurs manifestations, de ne pas pouvoir mener ces manifestations. Cela me fait souffrir chaque jour. »
Venâncio Mondlane





