Des élections sans choix : l’illusion démocratique en Tanzanie

Novembre 2025

Selon le parti d’opposition Chadema, environ 700 personnes ont été tuées en trois jours de manifestations après les élections d’octobre 2025 en Tanzanie. Nos sources locales craignent que le véritable bilan soit bien plus lourd, évoquant d’autres exactions commises par les prétendues « forces de sécurité ».

Le Monde : Manifestations post-électorales contre la victoire de la présidente Samir Suluhu Hassan, au poste-frontière de Namanga, Tanzanie, le 30 octobre 2025.

Pendant ce temps, les résultats officiels ont proclamé Samia Suluhu Hassan victorieuse avec 97,6 % des voix : la caricature même d’une élection truquée.

Ce schéma est tristement familier, il reproduit le même manuel autoritaire observé au Tchad, au Mozambique et au Venezuela : exclusion des rivaux, militarisation du scrutin. C’est ainsi que les régimes conservent la façade du libre choix tout en étouffant sa substance.

En Tanzanie, cela s’est traduit par la mise à l’écart des critiques du Chama Cha Mapinduzi (au pouvoir depuis 1977), l’imposition d’un couvre-feu, la coupure d’internet et le déploiement de chars dans tout Dar es Salaam.

Ce qui nous donne encore espoir, dans ce tableau sombre, c’est la solidarité régionale. Des militants kényans ont tenté de franchir la frontière pour se tenir aux côtés de leurs frères et sœurs tanzaniens : la société civile soutenant la société civile.

Si les dirigeants autoritaires s’entraident, ceux qui luttent pour la liberté doivent en faire autant.

Face à cela, la Communauté d’Afrique de l’Est, l’Union africaine et l’Union européenne ne peuvent plus détourner le regard. Conditionner l’aide financière et les partenariats au respect réel des droits humains et des libertés démocratiques est la seule manière cohérente d’aligner les actes sur les paroles et d’avoir un impact réel.

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